Définition
- Décalage horaire social
- Le décalage horaire social est l’écart entre votre horloge interne et votre emploi du temps social, mesuré comme la différence entre vos horaires de sommeil les jours travaillés et les jours libres. Un écart de deux heures produit des effets comparables à traverser deux fuseaux horaires chaque semaine.
Pourquoi le nom convient
Traverser des fuseaux horaires en avion désaligne votre horloge interne de l’horloge murale, et le résultat est le décalage horaire. Le décalage horaire social produit le même désalignement sans que personne ne quitte le pays : votre horloge interne reste où elle est tandis que votre emploi du temps fait des allers-retours entre la semaine et le week-end.
Il se mesure comme la différence entre le milieu de votre sommeil les jours libres et les jours travaillés. Quelqu’un qui dort de minuit à sept heures en semaine et de deux à dix heures le week-end a un milieu de sommeil à 3 h 30 et à 6 h respectivement, soit deux heures et demie de décalage horaire social. Chaque lundi matin est, en termes d’horloge interne, un vol de deux fuseaux et demi vers l’est.
Un décalage horaire social important est courant plutôt qu’exotique, en particulier chez les adolescents et les jeunes adultes, dont les chronotypes sont les plus tardifs précisément à l’âge où les emplois du temps sont les plus précoces.
Ce qui le produit
La cause centrale est un décalage entre le chronotype et l’emploi du temps. Une personne à l’horloge naturellement tardive, tenue de se lever tôt, dort trop peu en semaine puis dort plus tard le week-end pour récupérer. Les deux moitiés de ce schéma sont des réactions rationnelles ; ensemble, elles produisent le désalignement.
L’exposition à la lumière le renforce. Les soirées tardives à l’intérieur avec des écrans lumineux repoussent l’horloge ; les matinées de week-end passées à dormir suppriment la lumière du matin qui la ramènerait en avant. L’emploi du temps et les signaux lumineux finissent par agir dans le même sens peu utile.
Il se cumule avec la dette de sommeil mais n’est pas la même chose. Vous pouvez porter un décalage horaire social tout en dormant assez au total, et vous pouvez porter une dette de sommeil avec un emploi du temps parfaitement régulier. Les deux surviennent souvent ensemble, et appellent des remèdes différents.
Pourquoi les lundis matin sont les pires
Au dimanche soir, votre horloge a dérivé vers le tard, et le lundi vous demande de vous réveiller près du point où elle s’attend encore à dormir. Se réveiller à contretemps de sa propre horloge circadienne produit nettement plus d’inertie du sommeil que se réveiller à un moment auquel le corps se prépare déjà.
C’est la raison précise pour laquelle une alarme du lundi peut échouer alors que la même alarme fonctionnait le vendredi. Rien n’a changé dans l’alarme, et rien n’a changé en vous non plus. Ce qui a changé, c’est l’endroit où cette heure tombe par rapport à votre horloge interne, et elle s’est déplacée à cause de votre manière de dormir le week-end.
Cela explique aussi pourquoi le conseil classique de garder une heure de réveil constante, y compris le week-end, est plus efficace qu’il n’y paraît. Il ne s’agit pas de discipline. Il s’agit de ne pas se réinfliger un décalage horaire encore et encore.
Le réduire
Réduire l’écart marche mieux que le supprimer. Avancer d’une heure le réveil du week-end est réalisable et diminue sensiblement le désalignement ; exiger une heure identique sept jours sur sept est un plan que la plupart des gens abandonnent en quinze jours.
La lumière du matin le week-end fait un travail disproportionné, car la lumière est le signal le plus fort auquel votre horloge répond. Sortir peu après le réveil un samedi aide davantage le lundi que tout ce que vous faites le dimanche soir.
Et si l’écart est important et permanent, la conclusion honnête est peut-être que c’est l’emploi du temps qui est mauvais et non la personne. Le chronotype comporte une part génétique importante et se décale avec l’âge ; ce n’est pas une habitude à corriger. Là où les heures de début offrent la moindre souplesse, l’utiliser est plus efficace que n’importe quelle stratégie matinale.
Qui en a le plus
Il se concentre là où les chronotypes tardifs rencontrent des emplois du temps précoces, ce qui signifie que les adolescents et les jeunes adultes en portent le plus. Le chronotype est à son point le plus tardif à la fin de l’adolescence et au début de la vingtaine, c’est-à-dire exactement quand les heures de début des cours et de début de carrière sont les moins négociables.
Les travailleurs postés sont l’autre groupe, et leur version est plus sévère. Un planning tournant ne laisse l’horloge se caler sur aucun alignement, et le désalignement est aggravé par le fait de travailler pendant le creux circadien plutôt que simplement de s’y réveiller.
Il varie aussi selon la part d’obscurité et de lumière que comporte un emploi du temps. Qui fait ses trajets dans le noir aux deux bouts d’une journée d’hiver reçoit des signaux de lumière matinale bien plus faibles que la même personne en été, ce qui explique en partie pourquoi le même emploi du temps paraît plus dur en janvier.
La recherche sur le décalage horaire social a associé des écarts plus grands à divers résultats, de la somnolence diurne et d’une humeur moins bonne jusqu’à des paramètres métaboliques. L’essentiel de ces travaux est observationnel : ils établissent donc une association plutôt qu’une cause, et il vaut mieux les lire comme une raison de réduire l’écart que comme une raison de s’en alarmer.
Mesurer le vôtre
Le calcul est assez simple pour se faire de tête, et le faire est plus instructif que d’estimer.
Prenez une nuit de travail typique. Si vous dormez de minuit à sept heures, le milieu est 3 h 30. Prenez maintenant une nuit libre typique, sans réveil. Si vous dormez d’une heure à dix heures, le milieu est 5 h 30. La différence entre ces deux milieux, deux heures, est votre décalage horaire social.
Utilisez le milieu plutôt que l’heure de réveil, car il capte les deux bouts. Quelqu’un qui se couche à la même heure chaque soir mais dort jusqu’à onze heures le week-end a un désalignement plus petit que quelqu’un qui décale les deux bouts de deux heures, même si son heure de réveil du week-end paraît plus tardive.
Moins d’une heure n’a rien de notable et ne demande pas d’agir. Une à deux heures est courant et vaut la peine d’être réduit. Plus de deux heures, tenues sur des années, est la plage où les associations relevées dans la recherche commencent à apparaître, et où un changement d’emploi du temps vaut d’être recherché s’il existe la moindre souplesse.
Une réserve sur le chiffre des nuits libres : si vous portez une dette de sommeil, les deux ou trois premières nuits libres seront plus longues que votre préférence réelle parce que vous la remboursez. Prenez la mesure sur un jour plus avancé d’une longue coupure pour obtenir un chiffre plus honnête.

